21 Novembre 2000

C'est deux magnifiques poèmes ont été écrit par Chantal Poulin.

 

Jamais je ne t'oublierai …..

 

Ville de Gagnon

Née en 1959, isolée du monde extérieur,

Perdue parmi les épinettes noires et le vent glacial

Démunie de toute personnalité et

Refuge de familles sans gagne-pain.

 

Nos pères y virent la route des Indes

Nos mères soulagées, suivirent sans contraite

Nos enfants acceptèrent malgré eux, l'inconnu.

 

Les adultes parlaient entre eux de sécurité,

L'avenir y était assuré, l'argent coulait à flot.

De la Compagnie, se dégageait un paternaliste envoûtant

Nos pères s'inclinèrent devant une si grand générosité

Jamais auparavant, ils n'avaient vu autant d'abondance

Et les prévisions d'avenir étaient incalculables.

La vie allait être belle, pour des générations à venir.

Dès lors, un sentiment d'appartenance se développa.

C'était Notre Ville, on allait en faire un paradis.

 

Une génération complète y vit le jour.

Oh! Il y eut des désagréments, mais si peu.

Dans les malheurs, on s'appuyait les uns sur les autres,

Dans la joie, pas une ville ne nous venait à la cheville.

 

Le dynamisme y régnait et les organisateurs s'emballaient.

On avait le goût de la réussite et de l'excellence.

Nos visiteurs restaient bouche bée devant tant de succès.

C'était notre chez-nous, et nous étions fiers de l'avoir bâti.

Ce n'était peut-être pas le vrai paradis,

Car la chaleur du soleil ne nous accablait pas souvent

Mais la chaleur humaine remplaçait l'astre du jour.

 

Bien entendu, durant ce quart de siècle,

Nos travailleurs ont dû lutter pour sauvegarder leur droit.

Le paternalisme a fait place au patronat,

Et de durs combats ont été gagnés d'arrache-pied.

Grâce à la solidarité et au travail de tous,

Les travailleurs ont conservé une fierté d'âme

Un sens accentué du respect de l'autre,

Et suite au combat, l'harmonie s'installait entre frères.

 

Au terme de ces vingt-cinq années

Il nous reste notre fierté, nos souvenirs et de l'expérience.

Chacun d'entre nous a perdu un ami,

Un frère, une sœur, un amour…

Nous nous sommes dispersés à tout vent.

Nos croyances ont été ébranlées face à l'avenir.

Serons-nous capables de recommencer ailleurs?

 

Oui! Si chacun d'entre nous se donne la peine de regarder devant.

Si chacun garde son sens de l'organisation.

Si chacun croit en ses forces et en celles des autres.

Si tout le monde se donne la main…

Car nos enfants récolteront ce que l'on sème aujourd'hui.

Conservons notre dynamisme…

 

Chantal

 

Mai 1985

 

 

Et voici le poème que j'ai écrit suite à l'organisation du

 10e anniversaire de la fermeture de Gagnon en juillet

 

 1995 :

 

Depuis belle lurette,

Telle une pierre gravée,

Nous allions l'organiser, à notre guise,

La fête du 10e anniversaire de la fermeture

De notre Gagnon à nous!

 

Une année de préparation,

Une année de joie, de bonheur, de rencontres et de farces.

Une année pour se rappeler vingt-cinq ans!!!

 

Assis autour d'une table,

Quatorze ingénieuses personnes se creusent la tête.

"Il faut leur plaire… et leur donner l'opportunité de se rencontrer

dans une atmosphère familiale".

 

Les idées fusent de toutes parts.

La communication est rapide,

Et le bouche à oreille fait son chemin.

Les réponses sont nombreuses,

Nous nous emballons!

 

Enfin, le 28 juillet arrive,

Et croyez-moi, nous sommes prêts!

L'arena de l'Ancienne-Lorette revêt ses attributs de gala,

Les ballons, les banderolles, les couleurs de toutes sortes

sont de la partie…

Et tout à coté, la tente, tel un géant, est debout, dressée, pignon vers le ciel,

elle attend fébrilement ses convives.

 

Ils arrivent…. L'émerveillement est dans leurs yeux!

Les gestes sont francs, les poignées de main sont chaleureuses!

Les accolades sont fraternelles.

Les témoins étrangers ne comprennent pas:

"Ils sont sûrement tous parents"!

Que de chaleur humaine, que de retrouvailles sympathiques.

"Le tapis rouge, c'est pour les autres, on veut juste se revoir,

 se parler, festoyer ensemble".

 

Les arrières-grands parents sont fiers de l'être,

Les grands-parents , jeunes enfants de l'époque,

redoublent de fierté,

Les nouveaux parents étalent leur belle progéniture,

Les petits enfants écoutent, ils sont comblés par cette belle

famille qu'ils ont l'impression de connaître.

Il n'est pas rare de compter quatre générations.

 

Les organisateurs se "pètent" les bretelles!

"On a réussi"

Comme dans le temps, le dynamisme est de la partie.

Aucune autre ville ne nous venait à la cheville!

 

Souvenirs d'un peuple accroché au temps.

Souvenirs d'un peuple amoureux du présent.

 

Merci à tous pour votre grande compréhension et votre

collaboration.

 

Chantal

 

Le 1er septembre 1995